Lundi 26 octobre 2009

On le croyait vaincu, on le croyait presque mort. Nous avions tort.

Le Marais Ensorcelé ne pouvait pas s'en tenir à une seule attaque froide, humide et visqueuse. Non, le Marais vaut mieux que ça et pour nous le prouver il a frappé à nouveau. Comme je l'avais prédit, presque sur le ton de l'humour, plus fort, plus violent, plus dévastateur. Notre première victoire contre lui a été vécue comme un affront. Il ne pouvait pas nous laisser gagner et dimanche, jour du seigneur, le Marais Ensorcelé nous l'a mise bien profond.

Et quand je dis profond, je ne parle pas que de l'annalitude de son attaque mais aussi de la profondeur océanique de la nappe humide qu'il a déployé dans notre appartement. Ce petit enculé de Marais Ensorcelé a encore une fois attendu que le Poulpe et moi soyons absents pour attaquer. Fourbe. Lâche. Vil.

Après un réveil en douceur, bercés par le chant des oisillons de la campagne de Forges-les-Bains, le Poulpe et moi reprenons le chemin de la maison, heureux d'éviter embouteillages et autres encombrements parisiens.

Comme toujours, c'est moi qui découvre les cadavres. J'ouvre la porte et tout de suite remarque que le lieu n'est pas comme d'habitude (c'est-à-dire globalement sec).

De l'eau, partout, une marre, jusque sous le lit, jusque dans l'entrée, jusque sous la machine à laver...partout.

Je referme aussitôt la porte, le Poulpe étant occupé à câliner Jean-Marc et le rejoins pour lui annoncer la triste nouvelle : le Marais Ensorcelé a encore frappé.

Réaction niuméro 1 du Poulpe : OHHH PUTAAAIIIIN !

Réaction numéro 2 : Toc toc toc, voisin proprio, viens voir comme on te mens pas que y'a de l'eau de partout, que c'est super fun time le dimanche aprèm, youpi tralalère!

Réaction de la Méduse : Courir chez le droguier acheter un stock de serpillères, le notre étant en train de moisir dans la machine à laver depuis la dernière inondation (on tente de développer une nouvelle forme de vie derrière le hublot, plus économique qu'un aquarium, plus fun que des vulgaires poissons...)

Réaction du proprio : "Whoooo are youuu ? Who who, who who", mise en mode Experts Las Vegas, Grisom inside, il part étudier l'origine du mal : la douche.

Pendant que le Poulpe et moi commencons à éponger l'attaque, Grisom prend connaissance de la scène de crime et tente de comprendre pourquoi. Pas d'empreintes, pas de trace d'effraction, le tueur connaissait sa victime et c'est un pro. Avec toute cette eau difficile de trouver des indices. Là des monticules de poussière agglomérée par la flotte, là des cadares d'araignées géantes de l'extrême...rien de probant.

Nous continuons de nettoyer la scène de crime tout en prenant bien garde de ne pas détruire les quelques indices qui pourraient nous aider dans l'enquête.

Sortie de meubles, levée des cadavres...car cette fois-ci il y a des victimes. Le Marais a voulu nous attaquer directement en s'en prenant à nos proches : deux ordinateurs portables retrouvés noyés, deux livres, du linge, deux manettes de Xbox ... Les pertes sont lourdes, cela fait encore plus mal. (On remercie d'avance l'assurance habitation qui va nous rembourser tout ça, bisoux, poutoux, calinoux)

Pendant ce temps, l'enquête de Grisom avance. La douche est bien l'origine du drame, c'est d'elle qu'arrive les geisers d'eau qui ont envahit l'appartement. Mais comment ?

Hypothèse n°1 : Conflit d'évacuation avec la machie à laver. Rejetée. Nous n'avons pas fait de lessive.
Hypothèse n°2 : Conflit d'évacuation avec les lavabos de l'appart. Rejetée. Après test en direct, l'eau s'évacue normalement.
Hypothèse n°3 : Conflit d'évacuation avec les appareils ménagers du proprio. Validée. Quand Grisom allume son lave-vaisselle, l'eau arrive directement dans la douche. Ce n'est pas normal. Coupable n°1 identifié.

L'enquête se poursuit. Certes Grisom est lui même coupable dans cette affaire, mais le Poulpe et la Méduse n'en sont pas pour autant innoncents. Cheveux et poils de barbes agglomérés dans les conduites provoquent certainement un bouchon...Nous sommes tous coupables. Aujourd'hui, alors que nous connaissons la vérité, nous le savons, nous sommes tous coupables. Tous. Excès de confiance électroménager, chute des cheveux, zèle du rasage de barbe, plomberie alternative, nous sommes tous victimes et coupables.

Un litre d'acide et 10 m de "furet" dans la gueule plus tard, la douche évacue tout normalement, même quand tous les robinets sont ouverts et que lave-vaisselle et lave-linge tournent de concert. Enquête résolue, l'affaire est close.

Mission poste-épongeage, laver et sécher la couette et le linge touchés, vicitmes de dommages collatéreaux. Direction la laverie, pas question de provoquer le Marais directement en mettant en route la machine à laver. S'en suivent deux heures passionnantes à regarder tourner les tambours et virvoleter le linge...mais je vous passe les détails, tout le monde le sait, les laveries, c'est aussi fun que Dunkerque un dimanche de novembre avec Arlette Chabot.

Encore une attaque du Marais, encore une victoire de Canard. Le Marais a beau être le super-vilain le plus ignoble de tout les temps, nous l'aurons une fois de plus vaincu. Il peut essayer de recommencer, il n'aura pas raison de notre hargne au combat !

Et pis maintenant, on s'en branle, on se casse : on a eu confirmation aujourd'hui qu'on avait le nouvel appartement. On signe le bail le 10 novembre. En espérant que la malédiction du Marais Ensorcelé ne nous poursuive pas jusque là...



Par Poulpy
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Lundi 19 octobre 2009

Me voilà encore, en train de mater les piliers de bar, le genre de personne qui commencent la journée avec un p'tit blanc ou un demi (à 9h30 du mat'). Tu les reconnais, dèjà quand il rentre, le patron du bar les appelent par leur prénom et savent dès le départ ce que leurs clients souhaitent : "Salut Claudie, ca va ? un p'tit demi ?"

Et donc, je squatte, dans ce genre d'endroit, mon ordi déplié, avec mon Iphone qui charge, des cafés devant moi et mon p'tit costume qui fait tache autour des habitués. je me sens a chaque fois dévisagé, comme un etranger qui arrive dans leur petit monde. Le pire, c'est que je ne squatte pas que forcement pour attendre mes rendez-vous chez mes clients lorsque je suis trop en avance : En ce moment, je tape dans du créateur d'entreprise, qui n'a pas forcement encore de local pour m'accueillir, ou qui ne souhaite pas que je vois dans quel état est leur appartement, je me retrouve à faire mes rendez-vous dans les bars locaux. Ca fait toujours bizarre, voir même "BOBOGAY" de faire ça. Mais ca rajoute un p'tit style que j'apprécie, le mec qui ne se la pete pas et qui est proche du peuple, un peu comme si un certain nicolas S faisait ses rendez-vous au bistro du coin entouré de ses électeurs (remarque ca pourrais etre super rigolo ^^).

Par Poulpy
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